1. Commencer avec Jésus (Jean 1.1-18)

Il n’y a pas qu’un seul commencement à la vie ! Bien-sûr un jour nous commençons notre vie sur terre. Puis nous commençons à marcher, à parler. Nous commençons à tomber amoureux. Nous commençons une vie conjugale… ou pas. Nous commençons un nouveau travail, et un jour nous commençons à vieillir. Il y a donc des commencements à tous âges !

Quand commencer ?

Le Christ a aussi connu de multiples commencements dans le monde. Et chose surprenante, avec nous-mêmes !

Marc parle d’un commencement au début de son évangile : « Commencement de l’Evangile de Jésus-Christ, le Fils de Dieu ». Il souligne que la prédication de Jean Baptiste et le début du ministère public de Jésus constituent un commencement ! Dieu ouvre un chapitre décisif de son histoire avec le monde. De nombreuses personnes pourraient aussi témoigner qu’il y a eu un commencement de l’Evangile de Jésus-Christ dans leur vie, le jour où sa parole a résonné dans leur cœur…

Luc est remonté plus haut dans le temps. Il raconte le récit de la naissance de Jésus et tous les événements qui l’entourent. Pour lui, le moment où le Fils de Dieu est venu sur terre, moment que nous célébrons chaque année à Noël, ce moment-là est aussi un vrai commencement dans l’histoire de Dieu avec les hommes. Là encore nombreux ceux qui pourraient témoigner que le Christ est né dans leur vie, les conduisant à une nouvelle naissance…

Matthieu commence son évangile par une généalogie qui remonte à Abraham et couvre toute l’histoire d’Israël. Il montre qu’en appelant Abraham, et avant la naissance de son Fils Jésus, Dieu avait commencé son histoire avec le monde. De même il est passionnant de découvrir les traces de Dieu dans notre vie avant notre nouvelle naissance… Il y a toujours un commencement avant le commencement.

Jean remonte encore plus haut : « Au commencement était la Parole ». Anticipons un peu sur la suite. Le verset 14 dira que la Parole est devenue un homme. Cette Parole qui était au commencement n’est autre que le Fils de Dieu qui viendra marcher sur cette terre en la personne de Jésus de Nazareth. Jean nous apprend qu’avant même la création du monde, Dieu avait commencé son histoire avec le monde. Avant même notre naissance, avant même la fondation du monde, nous étions dans le cœur de Dieu, notre histoire était commencée…

Il est passionnant de méditer sur ces multiples commencements. Par exemple de comprendre comment Jésus s’est manifesté dans l’histoire d’Israël. Notre texte le dit clairement : « La Parole est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueillie » dit le verset 11.

Certes, à l’époque de l’Ancien Testament, le Fils de Dieu ne s’est pas fait connaître en chair et en os. Mais il était bien présent, sous la forme de la Parole : la parole créatrice (Genèse 1.3) mais aussi la parole prophétique. Le prophète Jérémie le dit : « Depuis le jour où vos ancêtres sont sortis d’Egypte jusqu’à aujourd’hui, j’ai envoyé tous mes serviteurs les prophètes, jour après jour, inlassablement. Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille. Ils ont raidi leur nuque… » (Jr 7.25-26). La Parole est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueillie !

Il est vertigineux d’apprendre que l’œuvre du Christ était préparée avant la fondation du monde (1 Pierre 1.20). Vertigineux aussi de réaliser que nous étions dans son cœur avant la fondation du monde (Ephésiens 1.4). Notre histoire avec Dieu a commencé bien avant notre venue sur terre.

Avec qui commencer ?

L’évangile de Jean nous révèle une chose étonnante au sujet de Jésus. « La Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu »

Si vous avez un jour reçu la visite d’un témoin de Jéhovah vous avez peut-être discuté de ce verset. Les témoins de Jéhovah prétendent qu’il faut traduire : « La parole était avec Dieu et la parole était dieu (ce deuxième mot « dieu » serait à écrire avec une minuscule et non une majuscule sous prétexte qu’il n’y a pas d’article devant ; Jean voudrait dire : « la parole était un dieu », c’est-à-dire un être inférieur à Dieu). Il faut savoir que leur raisonnement n’est pas juste. Il n’y a aucune nécessité de mettre l’article devant le mot « Dieu » et les règles de grammaire grecque imposaient même de ne pas le mettre dans ce cas précis. Les grammairiens sont unanimes !

Le texte nous dit donc cette chose étonnante : « la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu ». Il y a là quelque chose d’incompréhensible pour la logique humaine. Si la Parole est avec Dieu, c’est qu’elle est distincte de Dieu. Comment alors peut-elle être Dieu ? L’évangile pose ici les bases de la doctrine de la trinité que rejettent les témoins de Jéhovah. Cette doctrine affirme que le Fils est avec le Père et aussi qu’ensemble, ils sont Un. Le Père, le Fils et le Saint Esprit sont distincts l’un de l’autre et pourtant, ensemble, ils sont le Dieu unique ! Ils sont distincts sans être séparés ; ils sont unis sans être confondus. C’est ce que dit notre texte au sujet du Père et du Fils : « La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu ».

Ce que j’expose ici peut paraître bien théorique et doctrinal et peut-être que certains commencent à être un peu lassés. Mais ce n’est pas moi qui le dit, c’est la Parole de Dieu. Et je crois qu’il est important que nous connaissions ces choses pour pouvoir y fonder notre foi. Jésus qui a marché sur la terre et qui est mort pour nos péchés est aussi le Fils de Dieu, artisan de la création de l’univers, inspirateur des prophètes de l’Ancien Testament. Il est le Fils de Dieu ou encore Dieu le Fils !

Comment commencer ?

Pourquoi est-ce important de savoir que Jésus est le Fils de Dieu et Dieu le Fils ? Notre texte souligne au moins deux raisons.

La première raison s’inspire du verset 12. Le verset 11 dit : la Parole est venue chez les siens. Et le verset 12 poursuit : « A tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit/pouvoir/privilège de devenir enfant de Dieu ».

De quel droit un homme, aussi grand soit-il, pourrait-il octroyer un tel privilège ? De quel droit pourrait-il donner le pouvoir ou le droit de devenir enfant de Dieu ? Dieu seul peut accorder cela. Un homme ne peut pas de lui-même décider de devenir enfant de Dieu ! Seul Dieu peut lui offrir ce droit. Si la Parole n’était pas Dieu, si notre Seigneur Jésus-Christ n’était pas avec Dieu et Dieu lui-même, alors il lui serait impossible de nous faire devenir enfant de Dieu !

Notre salut repose sur cette réalité : la Parole était Dieu. Lui seul, parce qu’il est Dieu, est capable de nous sauver, de nous délivrer de nos péchés. Lorsque nous chantons Jésus notre Sauveur, nous ne chantons pas un copain qui nous fait du bien, nous chantons le seul qui soit capable de nous sauver !

La seconde raison vient du verset 14 : « La Parole est devenue un homme, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père ». Comment pouvons-nous entrer dans la louange, l’adoration et la contemplation, si Jésus n’est qu’un homme semblable à nous ?

Mais si nous comprenons que cet homme, en tout point semblable à nous sauf le péché, est aussi le Fils de Dieu, l’architecte de l’univers, l’inspirateur des prophètes ; si nous comprenons qu’il est non seulement un homme, mais aussi Dieu le Fils, alors oui, nous pouvons contempler sa gloire.

La gloire, ce n’est pas que Jésus a eu faim et soif comme nous, qu’il a connu la tristesse, la joie ou la tentation. La gloire c’est que, en Jésus, Dieu le Fils a accepté de connaître cet abaissement, de nous rejoindre dans notre humanité. La gloire c’est que l’architecte de l’univers, celui par qui tout a été créé, a accepté de connaître la même condition que la nôtre, connaître ce qu’est la douleur, la souffrance.

C’est un peu comme si le roi le plus glorieux qu’on puisse imaginer acceptait de venir vivre dans les conditions du plus misérable de ses sujets ! Comme si un grand patron du CAC 40 acceptait de connaître les conditions de vie de son ouvrier en gagnant le SMIC !

Ces comparaisons nous donnent une petite idée de ce que Dieu le Fils a accompli en devenant un homme. Lorsque nous adorons Jésus, nous adorons celui qui a accompli ce geste incroyable, nous contemplons sa gloire étonnante !
Il est important de nous nourrir de cette vérité théologique. C’est la seule vérité capable de changer notre vie et de nourrir notre louange. Notre culte ne peut pas ne pas louer le Seigneur Jésus. Les chrétiens sont ceux qui confessent que Jésus est Dieu.

Celui qui est la Parole, qui était avec Dieu et était Dieu au commencement, l’architecte de l’univers, l’inspirateur de tous les prophètes, Dieu le Fils venu nous rejoindre dans notre humanité, celui qui nous donne le droit de devenir enfant de Dieu, est aussi celui qui nous propose sa présence dans tous les commencements de notre vie. Lorsque nous commençons une nouvelle année, un nouveau projet, un nouveau travail, une nouvelle bonne résolution, rappelons-nous que Jésus est venu et il veut nous accompagner et nous proposer sa présence.

Soyons de ceux qui peuvent démentir les versets 10-11 : la lumière est venue parmi nous, et nous l’avons accueillie, nous avons contemplé sa gloire, nous l’avons adorée ! Et si vous ne l’avez pas encore accueillie, il n’est jamais trop tard pour commencer…

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