4. Il vous faut naître de nouveau (Jean 3.1-15)

A l’époque d’un certain président américain, les journalistes français ont parlé, comme jamais sur les médias français, de born again (= né de nouveau). Je n’entre pas dans la polémique de savoir si le président en question a donné une bonne image des born again, mais ce qui est sûr c’est que nos journalistes français parlaient de cette réalité comme d’une de ces bizarreries que les Américains seuls seraient capables d’inventer…

Or, on le sait, l’idée de nouvelle naissance n’a pas été inventée outre-Atlantique. C’est Jésus qui l’a développée dans cet entretien avec le Juif Nicodème : « A moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le Royaume de Dieu » (3.3). Que voulait-il dire exactement ?

L’expression grecque traduite par « naître de nouveau » peut aussi se traduire « naître d’en haut ». C’est d’ailleurs comme cela que la version du Semeur a choisi de traduire : « A moins de renaître d’en haut, personne ne peut voir le Royaume de Dieu ».

Il apparaît ainsi que la nouveauté dont il est question ne se réduit pas à un engagement nouveau de notre part ; cette nouveauté ne vient pas de nous (d’ailleurs, peut-on vraiment produire du nouveau par nous-mêmes ? « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil » affirmait l’Ecclésiaste – 1.9), elle vient d’en-haut, c’est-à-dire de Dieu. Quand on parle de nouvelle naissance, on ne parle pas de notre œuvre à nous, on parle de l’œuvre de Dieu ; ou plus exactement, du Saint-Esprit.

La nouvelle naissance, une œuvre de l’Esprit

C’est ce que Jésus va expliquer. Devant l’étonnement de Nicodème il répond : « A moins de naître d’eau et d’Esprit on ne peut entrer dans le royaume de Dieu ».

Naître de nouveau, c’est naître d’eau et d’Esprit. Est-ce vraiment plus clair ? Il est question ici de l’eau et de l’Esprit.

– Certains ont pensé que la mention de l’eau est une allusion au baptême. Cela signifierait que le baptême produirait la nouvelle naissance. J’ai souvent entendu des gens associer leur baptême et leur nouvelle naissance. Bien-sûr des nouvelles naissances peuvent avoir lieu au moment du baptême ! Mais généralement, c’est parce qu’on est déjà né de nouveau qu’on se fait baptiser. La nouvelle naissance n’est pas produite par l’eau du baptême (contrairement à ce qu’enseigne la théologie catholique), mais par le Saint-Esprit.

– En fait il n’est pas certain que l’eau dont il est question dans la réponse de Jésus évoque le baptême. Il est plus probable qu’elle soit simplement une image du Saint-Esprit, comme en Ezékiel 36.25-27. En effet, dans ce passage prophétique, l’expression « Je répandrai sur vous une eau pure » (v.25) est l’équivalent de « Je mettrai en vous mon propre Esprit » (v.27). Pour souligner cette équivalence, la version du Semeur traduit : « à moins de naître d’eau, c’est-à-dire d’Esprit » (Jn 3.5). Cette traduction est confirmée au verset suivant : « Ce qui naît d’une naissance naturelle, c’est la vie humaine naturelle ; ce qui naît de l’Esprit est animé de l’Esprit » (Jn 3.6).

Ce qu’il est important de comprendre ici, c’est que la nouvelle naissance est l’œuvre du Saint-Esprit. Ce n’est pas quelque chose qu’on puisse faire nous-même. Nous, nous pouvons confesser notre péché, nous pouvons croire qu’à cause du sacrifice de Jésus sur la croix nos péchés sont pardonnés, nous pouvons décider de confier notre vie au Seigneur.

Mais nous ne pouvons pas nous faire naître de nouveau. Seul le Saint-Esprit peut accomplir cela. Nous devons savoir qu’au moment même où nous avons confessé notre foi en Jésus-Christ, le Saint-Esprit opérait son œuvre dans notre cœur, dans notre vie.

Tite 3.5 dit : « Lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été révélés, il nous a sauvés. Et il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le bain de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit ». Le bain de la nouvelle naissance, c’est le renouvellement opéré par le Saint-Esprit.

La nouvelle naissance, cela signifie que le Saint-Esprit nous renouvelle. Il ne faut pas comprendre ce renouvellement dans un sens amoindri, comme on dit qu’une bonne nuit nous a renouvelés. Non, ici, il faut comprendre le mot dans un sens très fort. Le Saint-Esprit fait de nous quelqu’un de nouveau, avec une nouvelle identité, avec de nouvelles priorités, avec de nouvelles ambitions… Naître de nouveau, c’est être une créature nouvelle.

La nouvelle naissance, une œuvre d’espérance

Par la nouvelle naissance, le Saint Esprit fait de nous une créature nouvelle. « Tout est devenu nouveau » dit l’apôtre Paul. Cela a forcément des conséquences sur notre quotidien.

Ainsi lorsque la Bible nous demande de lutter contre le péché, ce n’est pas pour devenir une nouvelle créature, c’est parce que nous le sommes déjà ! S’il nous faut rechercher la sainteté, ce n’est pas pour devenir une nouvelle créature, c’est parce que, déjà, nous sommes devenus des citoyens du Royaume de Dieu, et que dans ce Royaume divin, la sainteté est la règle !

Lorsqu’on passe par la nouvelle naissance, il est normal de « mettre de l’ordre dans sa vie » comme on dit. De discerner ce qui déplaît au Seigneur et de tout mettre en œuvre pour changer les choses. Nous avons changé d’identité, et notre vie doit se conformer à cette nouvelle identité. Le voleur arrêtera de voler. La personne volage sur le plan conjugal décidera de changer son comportement. L’égoïste apprendra à aimer son prochain… Tout cela, non pas pour devenir une nouvelle créature ; mais parce qu’elle est devenue une nouvelle créature. Et qu’il y a des comportements qui ne conviennent plus à une personne née de nouveau.

Certains diront peut-être : Je n’ai pas vraiment l’impression d’être devenu une nouvelle créature. Il m’arrive encore d’être tenté et de ne pas toujours sortir vainqueur de mon combat. Ou bien de ne pas pouvoir aimer mieux telle personne. Ou encore d’être aussi malade après qu’avant a nouvelle naissance. Tout cela est vrai et peut finir par nous décourager.

La raison, c’est que si notre identité a bien changé, notre contexte de vie, lui, n’a pas encore changé. Par notre identité nous sommes déjà citoyens du Royaume des cieux ; mais notre contexte de vie nous situe encore dans le monde ancien. Nous sommes un peu comme des personnes en exil, qui doivent se résoudre à vivre hors de leur pays, avec toutes les difficultés et souffrance que cela implique.

Si notre identité a changé, notre corps, lui, n’a pas encore été renouvelé et il subit toujours les dures réalités de ce monde marqué par le mal : la tentation, la maladie, le vieillissement. Mais cela ne doit pas nous tromper. Notre situation actuelle n’enlève rien à la réalité de notre identité nouvelle en Christ. C’est pourquoi l’apôtre Paul dit : « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Cor 4.16). Notre être intérieur se renouvelle. Sachons-le, notre identité nouvelle est bien affermie en Christ.

La nouvelle naissance, une œuvre de la foi

Comment acquiert-on cette nouvelle identité ? Comment inviter le Saint-Esprit à accomplir cette œuvre en nous ? C’est la question que Nicodème a posé à Jésus : « Comment cela peut-il se faire ? ». La réponse de Jésus est toute simple. Elle se trouve aux versets 14-15 : « Tout comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut aussi que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ».

Jésus fait référence à un épisode de l’Ancien Testament qui est raconté dans le livre de Nombre (21.4-9). Israël marchait dans le désert et se plaignait encore des difficiles conditions de marche. Le Seigneur décide alors d’envoyer des serpents venimeux pour les punir de leur incrédulité. La situation devient plus difficile ; Moïse crie vers Dieu qui lui demande de faire un serpent en bronze fixé au sommet d’une perche. Ainsi chaque fois qu’un Israélite est mordu par un serpent, il peut regarder le serpent en bronze et avoir la vie sauve.

Cette histoire nous dit deux choses.

– Dieu a pourvu à tout ce qui était nécessaire. De même qu’il a demandé à Moïse d’élever un serpent de bronze, il a donné son Fils unique, Jésus. Il a permis que ce Fils soit élevé sur une croix.

– Dieu nous invite à fixer nos regards sur Jésus : pour avoir la vie sauve, les Hébreux devaient fixer leurs regards sur le serpent de bronze. Et bien c’est la même chose pour nous. Nous devons fixer nos regards sur celui qui est l’auteur de notre salut, comme nous y exhorte la Parole de Dieu : « Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à sa perfection » (Hb 12.1-2).

Si ce matin vous découvrez que vous n’avez pas encore vécu cette nouvelle naissance, c’est possible de le vivre maintenant. Il suffit de fixer vos pensées sur Jésus dans la prière et de croire que par sa mort sur la croix il vous offre le pardon de vos péchés. Soyez certain qu’à ce moment-là le Saint-Esprit vous fait naître de nouveau en vous offrant une nouvelle identité. Décidez alors de conformer toute votre vie à cette nouvelle identité.

Si vous êtes déjà nés de nouveau mais que vous vous rendez compte qu’il y a dans votre vie une situation qui ne convient pas à une personne née de nouveau, faites en un sujet de prière, demandez au Seigneur de vous montrer comment gérer cette situation et mettez tout en œuvre pour conformer votre vie à votre nouvelle identité.

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