11. Le bon berger (Jean 10.1-15)

Une personne m’a dit, un jour, que ce passage biblique était son favori. Son avis serait peut-être partagé par beaucoup. En lisant ces versets, de belles images se dessinent dans la tête. On en retient aussi les affirmations fortes : le berger donne sa vie pour ses brebis ; il connaît chacun par son nom ; les brebis connaissent la voix du berger et ne la confondent pas avec celle d’un autre…

Pourtant, c’est aussi un texte assez déroutant. Jésus ne se décrit pas seulement comme le bon berger, mais aussi comme… une porte ! Les gens qui l’écoutent avaient d’ailleurs de la peine à le suivre (v.6). Jésus propose alors quelques explications. Et il redit : il est une porte ! Celle de la bergerie ! C’est seulement dans un deuxième temps qu’il s’identifie au bon berger.

Ce matin, c’est particulièrement sur la fin du verset 9 que je vous invite à méditer quelques instants : « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira et il trouvera de quoi se nourrir. » Ce verset fait écho au verset 4 : « Le berger appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent et il les conduit dehors. Lorsqu’il les a fait sortir, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix ».

Les brebis que nous sommes sont appelées à entrer et à sortir.

Entrer

L’entrée désigne le salut. « Si quelqu’un entre par moi il sera sauvé » (v.9). Entrer c’est rejoindre le troupeau du Seigneur ; c’est faire partie de son Eglise. Et le seul moyen d’y parvenir, c’est de passer par la porte. Jésus est la porte. Le seul par lequel on peut être sauvé. Le seul chemin qui mène à la maison du Père et au Père lui-même (cf Jean 14.1-6). La bergerie est comme une image de la maison du Père. Et on y entre uniquement en passant par Jésus.

Et je crois qu’en nous rassemblant le dimanche matin comme nous le faisons aujourd’hui, nous faisons quelque chose d’important. Le rassemblement de l’Eglise est comme une image terrestre de cette bergerie. Pour célébrer le culte, on rassemble le troupeau. On se reconnaît comme une brebis du troupeau, entrée par la seule porte possible ; une brebis que Jésus connaît personnellement par son nom. On confesse qu’en se rassemblant en Jésus, on vit cette réalité du troupeau dans la bergerie, Vivre le culte ensemble, c’est se reconnaître troupeau du berger, peuple de Dieu rassemblé dans la bergerie dont il est la porte.

Sortir

Mais les brebis ne font pas qu’entrer. Elles sont aussi appelées à sortir. Elles sortiront et trouveront de quoi se nourrir dit le verset 9. Le berger conduit les brebis dehors, il marche devant elles et elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix dit le verset 4. Si l’entrée évoque le salut et le rassemblement de l’Eglise en Christ, quel sens faut-il donner à l’idée de la sortie ?

En fait il y a bien des situations où nous devons sortir. Nombreux parmi nous ce matin ont dû sortir de leur pays, que ce soit l’Afrique, l’Iran ou une île lointaine ! Sortir de son pays et se retrouver sur un chemin d’exil, qu’il soit imposé par les circonstances ou bien choisi !

Demain matin, beaucoup devront sortir de leur lit bien douillet puis de leur maison pour se retrouver sur le chemin du travail ou de l’école !

Enfin, dans quelques instants, on va être appelés à sortir de ce lieu et se retrouver sur le chemin de la maison et surtout sur les chemins du monde pour y être témoins de l’amour de Dieu.

Sur tous ces chemins, imposés ou choisis, on peut décider de se perdre ou bien se laisser guider par Jésus ; on peut décider de n’en faire qu’à sa tête ou bien tendre l’oreille et entendre la voix du berger. On peut aller vers nos envies du moment, ou bien suivre le berger vers les bons pâturages.

Il paraît qu’à l’époque biblique les bergers agissaient différemment de ceux d’aujourd’hui. Si vous avez l’occasion de voir un berger actuel, vous le verrez marchant derrière son troupeau avec ses chiens ramenant dans le troupeau les brebis qui s’écartent. A l’époque de Jésus le berger ne marchait pas derrière, il marchait devant son troupeau et il faisait entendre sa voix. Et les brebis se laissaient guider par cette voix qu’elles connaissaient et qu’elles suivaient. Quelle belle image. Jésus est le bon berger qui nous précède sur notre chemin.

A chacun de nous ce texte pose une question. Comment nous dirigeons-nous sur notre chemin. Est-ce que nous allons selon nos envies ? Est-ce que nous suivons un faux berger qui nous égare ? Ou bien est-ce que nous tendons l’oreille, cherchant à capter la voix du berger, nous laissant précéder par lui sur le chemin de son choix ?

Jésus le dit deux fois : « Je suis le bon berger » (vs 11 et 14). Avec lui toute sortie se charge de belles promesses. Même sur un chemin d’exil, Jésus veut nous précéder pour nous conduire dans ses verts pâturages. Car il le promet, toute sortie permet de trouver de la nourriture. C’est en sortant, en se laissant guider par Jésus à la rencontre de notre prochain et du monde que notre vie trouvera à se nourrir.

Recevons cette promesse de l’Ecriture. Lorsque nous sortons pour aller au travail, à l’école, à la rencontre du monde, de notre prochain, Jésus nous précède et nous guide, et il nous assure que ces sorties nous permettrons de trouver notre nourriture.

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