15. Accomplir des œuvres plus grandes que celles de Jésus ! (Jean 13.33 à 14.14)

Voici un passage très réconfortant qui nous parle de la maison du Père et de la place que Jésus nous y a préparée. Un verset aussi fréquemment cité, notamment dans le contexte de l’évangélisation : Jésus, chemin, vérité et vie. Enfin un passage étonnant lorsque Jésus prétend non seulement que nous ferons les œuvres qu’il a accomplies (ce qui est déjà énorme), mais que nous en ferons aussi de plus grandes !

Un passage très riche que nous allons visiter en méditant ces trois expressions :

  • Je vais vous préparer une place
  • Je suis le chemin
  • Vous ferez les œuvres que je fais, et vous en ferez de plus grandes
 

Je vais vous préparer une place

Jésus vient d’annoncer à ses disciples qu’il va bientôt partir et que, là où il va, ils ne peuvent pas le suivre pour l’instant. Au moment où il parle, l’accès à ce lieu leur est fermé (13.36).

Ce lieu inaccessible, c’est la maison du Père. Par cette expression Jésus désigne ce que l’on appelle aussi le ciel ou encore le Royaume de Dieu. Ce « lieu » que Jésus a quitté et vers lequel il retourne. Dans la maison du Père il y a de multiples demeures. Cela signifie qu’il y a de la place pour tous. Mais, pour l’instant, l’accès en est fermé.

C’est pourquoi Jésus affirme qu’il va nous y préparer une place. En disant : « Je vais vous préparer une place », Jésus annonce qu’il va ouvrir l’accès de ce lieu inaccessible. Et nous savons que c’est en offrant sa vie en sacrifice que Jésus nous ouvre l’accès à la maison du Père. Par cette expression, Jésus annonce donc sa mort prochaine et la finalité de cette mort : nous ouvrir l’accès à la maison du Père.

Je suis le chemin

« Vous connaissez le chemin de l’endroit où je me rends », dit Jésus. Mais Thomas lui répond : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas. Comment pourrions-nous en connaître le chemin ? ».

Jésus lui dit qu’en fait il connaissait bien le chemin, sans le savoir : « C’est moi qui suis le chemin, et la vérité, et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi » (14.6).

Vous noterez que Jésus ne dit pas : « Je vais vous montrer le chemin », un peu comme quelqu’un à qui vous demandez votre route et qui vous répond : « Continuez tout droit, puis allez à gauche, ensuite c’est la deuxième à droite ». Non, Jésus n’est pas celui qui nous indique la route à suivre, il est lui-même le chemin qui permet d’accéder au Père.

Je ne sais pas s’il vous est déjà arrivé de marcher en forêt pendant la nuit. Cela m’est arrivé car j’aime beaucoup marcher, et en hiver, quand la nuit tombe de bonne heure, il fait nuit lorsque je vais me promener. Je me suis retrouvé plusieurs fois, dans l’obscurité, sur mon lieu de promenade habituel. La visibilité était quasi-nulle, mais je n’ai jamais eu peur de m’égarer. Il me suffit de voir la marque un peu plus claire du chemin, et comme je sais où mène le chemin, je ne crains pas de me perdre. Il me suffit de rester sur le chemin !

Je crois que c’est ainsi qu’il faut comprendre la parole de Jésus. Nous ne voyons pas le but. Nous ne savons pas comment sera la maison du Père, mais si nous demeurons en Christ, le chemin, nous savons que nous y parviendrons.

Notre horizon peut aussi se boucher et les ténèbres de l’épreuve envahir notre vie. Mais tant que nous ne perdons pas le chemin, nous ne pouvons pas nous égarer. Tant que nous demeurons en Jésus, fondés sur lui, nous ne courons aucun risque de nous perdre car il est le chemin ; il est la vérité, c’est-à-dire le seul chemin qui conduit au Père et à la Vie.

Jésus est le chemin. Ne le perdons pas de vue, car c’est le seul chemin qui conduit à la vie éternelle, à la maison du Père.

Accomplir de plus grandes œuvres que Jésus

Sur ce chemin où nous marchons, Jésus nous fait une promesse incroyable : « Vous ferez les œuvres que je fais (ce qui est déjà énorme) et vous en ferez même de plus grandes ». Comment cela est-il possible ? Que veut-il dire ici ? Faire des œuvres plus grandes que lui ? Cela ne signifie certainement pas que nous ferons des œuvres plus spectaculaires que lui. Comment faire plus spectaculaire que de nourrir quelque milliers de personnes avec cinq pains et deux poissons ? Ou encore comment changer instantanément plusieurs centaines de litres d’eau en un excellent vin ? Je n’ai jamais entendu que quelqu’un d’autre ait accompli pareilles choses.

D’ailleurs, l’évangile de Jean nous avertit : tous ces miracles spectaculaires de Jésus ne sont que des signes, des signes qui renvoient vers une réalité supérieure, une réalité plus grande. Et les œuvres plus grandes dont parle Jésus ont à voir avec cette réalité plus grande.

Regardons sa parole de plus près. Jésus dit : « Celui qui croit en moi accomplira les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je vais auprès du Père » (14.12).

Il accomplira les œuvres que je fais. Cela signifie qu’après le départ de Jésus auprès du Père, il y aura encore des miracles, encore des guérisons, encore des œuvres semblables qui seront des signes d’une réalité plus grande à venir. Ces œuvres ne s’arrêteront pas. Certains recevront même un don particulier pour les demander au Seigneur. Et le Seigneur saura les accorder lorsque ce sera sa volonté.

Mais les œuvres plus grandes, elles, sont directement liées au fait que Jésus retourne auprès de son Père. C’est parce qu’il va auprès du Père que des œuvres plus grandes pourront s’accomplir.

Or on a vu que l’expression « aller auprès du Père » évoque la mort par laquelle Jésus va passer pour ouvrir l’accès à la maison du Père. En offrant sa vie en sacrifice, Jésus se fait chemin qui mène à la vie, chemin unique et vrai. Le lieu inaccessible devient accessible.

Se pose alors la question : accomplir les œuvres plus grandes, n’est-ce pas la possibilité d’emprunter le chemin vers ce lieu jusqu’alors inaccessible ? N’est-ce pas aussi la possibilité, par notre témoignage, d’aider d’autres personnes à trouver ce chemin ? N’est-ce pas l’ouverture du salut, pour nous et pour la multitude ?

En qualifiant le salut « d’œuvres plus grandes », c’est-à-dire plus grandes que les miracles de guérison, plus grandes que la multiplication des pains ou l’eau changée en vin, Jésus nous invite à revoir notre échelle de valeur. Alors que nous sommes tentés d’attacher une grande importance aux miracles, peut-être à une guérison que nous réclamons à corps et à cris, Jésus nous dit qu’il y a plus important que cela, plus grand que cela.

Jésus nous dit que le salut d’une personne est plus grand que sa guérison physique. Certes une guérison est précieuse car il est difficile de vivre avec la maladie. Et il faut se réjouir à chaque fois que le Seigneur permet un retour vers la santé, vers moins de douleurs, vers un mieux-être. Mais une guérison est provisoire. Le salut, lui, est éternel.

En qualifiant le salut « d’œuvre plus grande » Jésus nous invite à ne pas limiter nos prières aux bénédictions terrestres, à la guérison, aux mieux-être, à la nourriture… Bien-sûr il nous faut prier pour cela, car les œuvres que Jésus a accomplies de son vivant se produisent encore après son départ. Mais il nous faut aussi prier pour que s’accomplissent les œuvres plus grandes. Prier pour que des hommes et des femmes soient sauvés, et que notre témoignage leur permette de trouver le chemin. Et alors nous ferons les œuvres plus grandes, qui n’étaient pas encore possibles tant que le chemin n’était pas ouvert.

En remontant auprès du Père, Jésus s’est fait chemin, pour que nous puissions nous mettre sur ce chemin, et entraîner d’autres personnes à notre suite. Ainsi s’accomplissent les œuvres plus grandes que Jésus a promises. Amen.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *