Retour sur la conférence femmes et lutte pour les droits civiques

Anniel HATTON en train de dédicacer son livre « Génération Rosa Parks / Les militantes dans l’ombre de Martin Luther King »

20h30. Une trentaine de personnes dans notre église ce 8 octobre pour la conférence sur le « rôle des femmes dans le mouvement des droits civiques » aux Etats-Unis, entend Fannie Lou Hammer chanter “Go tell on the moutain”. La salle se tait et plonge dans l’ambiance des années 60 aux Etats-Unis.

Anniel Hatton avait 17 ans quand Martin Luther King a été assassiné. Comme beaucoup, elle a été très touchée par le combat de cet homme. Puis, elle s’est rendu compte qu’énormément de femmes ont participé activement à cette lutte des droits civiques : “On n’en parlait pas, j’ai trouvé ça injuste”. D’où le livre qu’elle a écrit “Génération Rosa Parks / Les militantes dans l’ombre de Martin Luther King”.

Avec son mari William, tous deux ont raconté les grandes étapes de ce combat pour la liberté des femmes et hommes noirs aux Etats-Unis, en remontant jusqu’aux années 1700. Ils ont surtout parlé du courage des femmes de l’époque, en projetant quelques images d’Harriet Tubman, Ida B.Wells, Sojourner Truth et d’autres encore moins connues, voire anonymes : “J’ai eu du mal à trouver des photos avec des femmes en tête de cortège des manifestations alors qu’elles étaient nombreuses” explique Anna. Les médias n’y prêtaient pas une grande attention.

Comment ne pas oublier Jo Ann Gibson Robinson qui a lancé le boycott des bus de la ville de Montgomery suite au refus de Rosa Parks de céder sa place à un homme blanc en 1955.

Comment ne pas oublier Fannie Lou Hammer, “une femme qui avait peu d’instruction mais un charisme énorme !” souligne Anniel. Stérilisée par un médecin blanc sans son autorisation en 1961, elle décide de se battre à ce moment-là, sans se décourager : “Personne ne peut être réellement libre tant que tout le monde ne l’est pas” affirma-t-elle.

Comment ne pas oublier toutes ces femmes qui ont réussi à rassembler ces 40 000 personnes présentes lors du fameux discours “I have a dream” prononcé par Martin Luther King en 1963. Et toutes celles qui ont confectionné les affiches, les tracts, etc.

Comment ne pas mentionner Mary Parkman Peabody, une femme blanche devenue militante à 72 ans ! Oui, car bien sûr, il n’y avait pas que des personnes noires qui ont bataillé pour les droits civiques.

Beaucoup de ces combattantes étaient chrétiennes et convaincues que c’est “Dieu qui est l’origine de cet appel” relate Anniel. D’ailleurs, c’est dans les églises que les informations étaient données.

Le couple pastoral termine cette conférence en nous interrogeant sur ce qui se passe en France. Aux Etats-Unis, ils ont élu un président noir. Des femmes sont maires de villes importantes. Et en France, cela serait-il possible ?

Un grand merci à Anniel et William Hatton, tous les deux pasteurs à l’église évangélique baptiste dans la ville de Le Chesnay, pour leur venue.

Article écrit par Sandra JEAN-PIERRE
 

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